Ideen

« Ideen » veut dire « idées » en Allemand. C’est le nom que j’ai donné à l’application que je viens de développer et de mettre en ligne.

+ https://labaix.com/ideen

Je suis, en fait, un utilisateur insatisfait de Keep, iCloud Notes et les multiples autres applications permettant de prendre des notes rapides.

Je voulais donc créer quelque-chose qui réponde précisément aux besoins qui sont les miens :)

  • Créer des notes « plain-text »,
  • Les organiser par catégorie, dans des sortes de « bloc-notes » — je ne veux pas mélanger notes personnelles et professionnelles –,
  • Transférer mes notes à mes collaborateurs, pour qu’ils travailler là-dessus, les modifier, les enrichir, les repartager,
  • Rendre public certains bloc-notes (un exemple est donné ici).

L’application, gratuite, est disponible ici. Je vous invite à la tester .. et à me signaler les bugs éventuels.

Vos propositions d’amélioration sont, évidement, les bienvenues !

ideen

An ambition for Tunisia

Our country needs a project. A huge, ambitious, novel project, with a unique value proposition, that would create thousands of direct jobs, tens of thousands of indirect jobs, propelling the economy, and moving the country out of poverty, depression and despair.

Tourism, including mass, low-cost, tourism, à la tunisienne, is dead—The so called Islamic State killed it—. French and European multinationals, looking for local, cheap, subcontractors, won’t solve our problems—they are most likely to exacerbate them—.

We need something new. Totally new. New products and services we can sell exclusively, worldwide, at premium prices. Our schools, universities and national labs must be the lead here—not the world’s top consulting firms—. Our banks and financial institutions must be the ones to bring cash and nurture the project—not the WB, the IMF or the EBRD—.

We live in a new world—a Post-American World—with millions and millions of middle-class consumers spending growing amounts of Chinese Renminbis, Indian Rupees and Brazilian Reals, to access basic services—potable water, reliable electricity, and, increasingly, clean, breathable air—. Can we address some of these issues, in a novel, smart way?

Intelligence artificielle, un énorme tsunami ?

Dans les années 60-70, un bon nombre de chercheurs étaient convaincus qu’on aura les premières centrales à fusion thermonucléaire dans les années 2000. Ils se sont trompés. Ceux qui prédisent, aujourd’hui, un « énorme tsunami », lié au développement d’intelligences artificielles, se trompent également.

Ce qu’on appelle de nos jours « intelligence artificielle » (AI) repose, en grande partie, sur des méthodes mathématiques et statistiques connues et appliquées depuis 10, 20 voire 30 ans. Les techniques d’apprentissage, en particulier, sont connues pour leur capacité à plus ou moins bien modéliser ce qui existe, ou ce qui a déjà existé par le passé, à condition qu’il n’y ait pas trop de volatilités, de non-linéarités, de phénomènes qui se déclenchent à partir de certains seuils .. Elles sont connues, surtout, par leur incapacité à se projeter dans l’avenir, à voir arriver des black swans, à faire face à des situations nouvelles qui sortent un peu de l’ordinaire ..

Il y a toujours un pilote automatique dans l’avion. Mais ce dernier est systématiquement déclenché quand il y a trop de turbulences. L’AI c’est exactement ça. Elle marche bien quand il s’agit de reconnaître des textes, des images ou des sons, pour lesquels il y a eu un apprentissage préalable*, ou quand il s’agit de résoudre des problèmes aux contours bien connus, aux règles bien définies – les jeux d’échec typiquement –. Pour le reste, rien ne remplace vraiment l’intelligence humaine.

* Google translate, Apple Siri, les technologies de reconnaissance faciale utilisées notamment par la police de New York, fonctionnent un peu comme .. les chiens des Douanes. On passe des mois et des mois à les entrainer à reconnaître certaines odeurs – drogues, explosifs – que les narines humaines ne sont pas capables de détecter. Il suffit qu’il ait une nouveauté – une nouvelle drogue, un nouvel explosif – pour qu’ils passent complètement à côté.

Deux mots en réponse à l’initiative #AskNoomane

On veut permettre à nos entreprises, spécialisées dans la production de contenus numériques, d’accéder au marché mondial des egoods, de vendre sur ce marché, et de rapatrier l’argent issu des ventes en Tunisie.

Il y a une dimension stratégique importante inhérente à cet objectif, qui ne relève pas seulement de la technologie, mais de l’économie, au sens général du terme. Traiter ces aspects stratégiques est précisément le rôle des “chefs” — nos ministres de l’économie et du numérique — ils sont payés pour !

Aujourd’hui, les startups tunisiennes ne peuvent pas utiliser les canaux de vente offerts par Google Play et les App Stores d’Apple et d’Amazon. Elles ne peuvent pas faire appel non plus à des services comme PayPal pour encaisser, et transférer en Tunisie, l’argent issu des ventes. Donc, très concrètement, à l’heure actuelle, nous n’avons pas accès à l’essentiel du marché mondial des contenus digitaux.

Evidemment, aucun apporteur de capitaux, en recherche de rentabilité, n’acceptera de financer une startup sans perspectives de ventes (le marché intérieur tunisien étant quasi-inexistant). Or sans investissement, l’économie numérique n’a aucune chance de décoller, d’accroître sa contribution au PIB. Nos ministres de l’économie et du numérique doivent donc se pencher en toute urgence sur les points de blocage et autres bottlenecks qui empêchent nos entrepreneurs de vendre sur la place du marché.

Si le problème vient des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple), il faut impérativement aller à la rencontre de leurs CEOs pour essayer de débloquer la situation. Bien sûr, les GAFA ne nous laisseront jamais vendre quoi que ce soit, sur leurs plateformes, si, en contre-partie, nous ne leur donnons pas la possibilité de vendre, chez nous, leurs musiques, vidéos et livres électroniques. If faut donc négocier. Il y a toujours des marges de manœuvre, et elles se discutent forcément au plus haut niveau.

Ceci étant, je pense que les blocages sont plutôt internes. Après tout, l’inscription à Google Play des marchands est ouverte aux développeurs égyptiens (ici), et l’envoi et la réception de fonds via PayPal est possible en Jordanie (ici). Là encore, il faut mettre le sujet sur la table du conseil des ministres. Et que notre banque centrale se rassure : les tunisiens ne vont pas se ruer tout d’un coup sur les ebooks pour Kindle — ils n’ont pas la réputation d’être de grands lecteurs —, les albums de musique à 9.99$ ou les jeux payants.

Attention, désinformation !

En 2003, lorsque les Etats-Unis ont occupé l’Irak, Facebook n’existait pas, tout comme les actuels “smartphones” et autres “gadgets” équipés de caméras. Les atrocités de guerre n’étaient donc filmées, et diffusées, que par les média “conventionnels” : CNN, BBC, Aljazeera et autres.

La guerre aurait fait entre 733 158 et 1 446 063 morts (~ 10 fois plus que l’actuel nombre de tués en Syrie).

Aujourd’hui le contexte a changé.

Le moindre détail est capturé, souvent par des amateurs, et partagé instantanément. En même temps, la fabrication de faux contenus s’est généralisée .. pour orienter l’opinion, susciter l’adhésion à une cause qui n’en est pas vraiment une ..

Résultat : les photos et vidéos de guerre, crues et cruelles, envahissent inévitablement nos “murs” — et ceux de nos “amis”, nos enfants et nos ados –, de manière “virale”. Un déluge d’info et d’intox qui emporte tout sur son passage. A commencer par “l’esprit critique”, et les plus fragiles d’entre nous.

Évidemment, personne n’est là pour filtrer, vérifier l’authenticité des images et la pertinence des affirmations, protéger les jeunes et les personnes sensibles .. Même pas Facebook, qui n’a qu’un objectif en tête : accroitre les revenus et générer toujours plus de “cash”.

La technologie, qui a joué un rôle primordial dans l’avènement du “printemps arabe”, a donné naissance, aussi, à une gigantesque machine d’information .. et de désinformation.

Un “no man’s land” virtuel, où tous les usages sont permis.

Pour l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie

Je suis pour l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie. A deux conditions :

  1. S’assurer — au préalable — que cette exploitation n’affectera pas la nappe phréatique, et, plus généralement, le cadre et la qualité de vie des populations concernées.
  2. Accorder le permis d’exploitation à une société tunisienne, ou, à défaut, à des multinationales, à condition qu’elles s’engagent à un transfert total de technologie au profit d’un partenaire tunisien (comme elles le font chaque fois qu’elles s’implantent en Inde ou en Chine).
Pourquoi je suis pour ?

La Tunisie — qui ne dispose de très faibles réserves en pétrole et en gaz conventionnel — importe une grande partie de ses besoins énergétiques au prix fort. Conséquence : son déficit commercial n’a pas cessé de se creuser au fil des années. Le pays est obligé de s’endetter, non pas pour investir, créer de la dynamique économique et de la croissance, mais pour réparer les déséquilibres et boucler le budget. Or sans croissance, l’effet de levier (espéré) associé à la dette se transforme en effet de massue. Cette situation n’est pas tenable à moyen et long terme.

L’exploitation du gaz de schiste — une énergie abondante et peu chère — nous permettrait de disposer des moyens financiers nécessaires au lancement des grands travaux de désenclavement des régions intérieures et de modernisation des infrastructures. Elle faciliterait le redémarrage de la machine économique — à l’arrêt depuis le déclenchement du Printemps Arabe – et l’absorption du chômage, et ramènerait l’inflation à des niveaux acceptables.

Exploitée intelligemment, avec précaution et en toute transparence, les bulles de gaz libérées du schiste pourraient constituer une véritable bouffée d’oxygène pour notre pays, ses universités, ses centres de R&D, son tissu industriel, ses entreprises, petites et grandes. Exploitée de manière opaque, à l’irakienne, sans respect pour l’environnement, sans transfert de technologie, sans redistribution des richesses engrangées, ces bulles nous exploseront certainement à la figure.

Pour éviter les mauvaises surprises, nous devons faire le bilan de nos politiques industrielles passées, identifier nos forces et nos faiblesses. On se doit aussi de bien préparer le terrain : nouveau cadre réglementaire — adapté aux hydrocarbures non conventionnels –, nouvelles normes pour le business — qui obligeront des entreprises comme British Gas Tunisia à rendre public ses bilans et ses comptes de résultats –, une autorité de sûreté indépendante — qui contrôlera les installations à risque et informera les citoyens.

J’ose espérer qu’on saisira cette occasion, pour développer et breveter — dans nos universités et écoles d’ingénieurs — les technologies de demain ; celles qui nous garantiraient un accès sans risques à la nouvelle ressource énergétique ; celles qui nous permettraient de transformer l’ETAP en un géant énergétique d’envergure internationale — un Petronas ou un Petrobras.

Charlie vs. Chaplin

Charlie

Chez Charlie, la liberté d’expression est à géométrie variable et l’indignation est sélective.

L’hebdomadaire satirique, qui publie aujourd’hui une dizaine de caricatures — affligeantes et de mauvais goût — sur le Prophète (SAW) et les musulmans, a licencié, en 2008, son caricaturiste vedette, Siné, pour antisémitisme, ce dernier ayant déclaré :

[Jean Sarkozy] vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !

Quelques semaines auparavant, Siné avait écrit :

J’avoue que, de plus en plus, les musulmans m’insupportent et que, plus je croise les femmes voilées qui prolifèrent dans mon quartier, plus j’ai envie de leur botter violemment le cul !

Un dérapage indiscutablement islamophobe qui n’a pas suscité de réaction particulière de la part de la direction du journal.

Chaplin

En 1940, Chaplin tourne Le Dictateur, un film satirique caricaturant de manière outrancière Hitler (Hynkel) et Mussolini (Napaloni).

Le Dictateur finit sur une scène mémorable :

[Le barbier, après avoir pris l’identité de Hynkel,] se lance dans un long et émouvant plaidoyer pour la paix et l’amitié entre les peuples, aux antipodes du discours raciste et haineux du véritable Hynkel, plus tôt dans le film.

Vous l’avez compris, à Charlie, je préfère de loin Chaplin.