Un “no man’s land” virtuel, où tous les usages sont permis.

En 2003, lorsque les Etats-Unis ont occupé l’Irak, Facebook n’existait pas, tout comme les actuels “smartphones” et autres “gadgets” équipés de caméras. Les atrocités de guerre n’étaient donc filmées, et diffusées, que par les média “conventionnels” : CNN, BBC, Aljazeera et autres.

La guerre aurait fait entre 733 158 et 1 446 063 morts (~ 10 fois plus que l’actuel nombre de tués en Syrie).

Aujourd’hui le contexte a changé.

Le moindre détail est capturé, souvent par des amateurs, et partagé instantanément. En même temps, la fabrication de faux contenus s’est généralisée .. pour orienter l’opinion, susciter l’adhésion à une cause qui n’en est pas vraiment une ..

Résultat : les photos et vidéos de guerre, crues et cruelles, envahissent inévitablement nos “murs” — et ceux de nos “amis”, nos enfants et nos ados –, de manière “virale”. Un déluge d’info et d’intox qui emporte tout sur son passage. A commencer par “l’esprit critique”, et les plus fragiles d’entre nous.

Évidemment, personne n’est là pour filtrer, vérifier l’authenticité des images et la pertinence des affirmations, protéger les jeunes et les personnes sensibles .. Même pas Facebook, qui n’a qu’un objectif en tête : accroitre les revenus et générer toujours plus de “cash”.

La technologie, qui a joué un rôle primordial dans l’avènement du “printemps arabe”, a donné naissance, aussi, à une gigantesque machine d’information .. et de désinformation.

Un “no man’s land” virtuel, où tous les usages sont permis.

Pour l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie

Je suis pour l’exploitation du gaz de schiste en Tunisie. A deux conditions :

  1. S’assurer — au préalable — que cette exploitation n’affectera pas la nappe phréatique, et, plus généralement, le cadre et la qualité de vie des populations concernées.
  2. Accorder le permis d’exploitation à une société tunisienne, ou, à défaut, à des multinationales, à condition qu’elles s’engagent à un transfert total de technologie au profit d’un partenaire tunisien (comme elles le font chaque fois qu’elles s’implantent en Inde ou en Chine).
Pourquoi je suis pour ?

La Tunisie — qui ne dispose de très faibles réserves en pétrole et en gaz conventionnel — importe une grande partie de ses besoins énergétiques au prix fort. Conséquence : son déficit commercial n’a pas cessé de se creuser au fil des années. Le pays est obligé de s’endetter, non pas pour investir, créer de la dynamique économique et de la croissance, mais pour réparer les déséquilibres et boucler le budget. Or sans croissance, l’effet de levier (espéré) associé à la dette se transforme en effet de massue. Cette situation n’est pas tenable à moyen et long terme.

L’exploitation du gaz de schiste — une énergie abondante et peu chère — nous permettrait de disposer des moyens financiers nécessaires au lancement des grands travaux de désenclavement des régions intérieures et de modernisation des infrastructures. Elle faciliterait le redémarrage de la machine économique — à l’arrêt depuis le déclenchement du Printemps Arabe – et l’absorption du chômage, et ramènerait l’inflation à des niveaux acceptables.

Exploitée intelligemment, avec précaution et en toute transparence, les bulles de gaz libérées du schiste pourraient constituer une véritable bouffée d’oxygène pour notre pays, ses universités, ses centres de R&D, son tissu industriel, ses entreprises, petites et grandes. Exploitée de manière opaque, à l’irakienne, sans respect pour l’environnement, sans transfert de technologie, sans redistribution des richesses engrangées, ces bulles nous exploseront certainement à la figure.

Pour éviter les mauvaises surprises, nous devons faire le bilan de nos politiques industrielles passées, identifier nos forces et nos faiblesses. On se doit aussi de bien préparer le terrain : nouveau cadre réglementaire — adapté aux hydrocarbures non conventionnels –, nouvelles normes pour le business — qui obligeront des entreprises comme British Gas Tunisia à rendre public ses bilans et ses comptes de résultats –, une autorité de sûreté indépendante — qui contrôlera les installations à risque et informera les citoyens.

J’ose espérer qu’on saisira cette occasion, pour développer et breveter — dans nos universités et écoles d’ingénieurs — les technologies de demain ; celles qui nous garantiraient un accès sans risques à la nouvelle ressource énergétique ; celles qui nous permettraient de transformer l’ETAP en un géant énergétique d’envergure internationale — un Petronas ou un Petrobras.