Deux mots à propos des évènements de Djerba

Un groupe d’individus anti – Nidaa Tounes a séquestré un millier de partisans du parti de Béji Caïd Sebsi hier à Djerba. Que ce groupe soit lié ou non à Ennahdha n’est pas important en soit. Ce qui est grave dans cette affaire, c’est qu’une action violente ait été menée en dehors de tout cadre légal, sous prétexte de ‘protection de la révolution’.

Deux points sont à souligner à ce niveau :

  1. Le peuple s’est exprimé démocratiquement et a élu une assemblée constituante (AC) qui a elle-même désigné un exécutif. Le peuple — et son représentant ; l’AC — n’ont jamais chargé qui que ce soit de protéger la révolution.
  2. Il n’y a rien de spontané — qui ne soit né d’une initiative citoyenne et populaire — dans les évènements de Tataouine, Place Mohamed Ali ou Djerba. Il n’y a que des adversaires politiques, qui ont beaucoup de choses à se reprocher, et qui ‘s’échauffent’ en vue des prochaines élections.

C’est au gouvernement, légitime, de réformer en profondeur le pays, de chasser les corrompus et de traduire les criminels devant la justice, dans le respect des lois et en s’appuyant sur les organes de l’Etat. Déléguer — de façon consciente ou inconsciente — cette responsabilité à des entités opaques (شبيحة) de type ‘ligue de protection de la révolution’ est une faute politique et morale extrêmement grave.